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ALANON : UN PHARE DANS MA DÉTRESSE

ALANON : UN PHARE DANS MA DÉTRESSE

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Publié le 4 March 2020

Les problèmes de dépendance peuvent sérieusement affecter la qualité de vie et la santé mentale des proches. Seul, il est généralement trop difficile d’y faire face.

Pendant les 10 ans qu’a durée la descente aux enfers de ma fille, j’ai tenté de me faire aider par mon entourage et certains organismes qui offraient des suivis individuels. Ces formes d’aide, bien que précieuses, étaient relativement ponctuelles, et se contredisaient parfois, ce qui suscitait chez moi des comportements en dents de scie : donner, retirer, envelopper, s’éloigner… avec tous les effets négatifs que l’on peut imaginer.

En dernier recours, j’ai découvert Alanon, qui fut ma bouée de sauvetage, ma boussole pour modifier mon attitude, penser à mes besoins et établir une relation plus équilibrée avec Kim [nom fictif]. Elle est maintenant une personne sobre et responsable. Mon changement d’attitude a contribué à mon bien-être et l’a aidée dans son propre rétablissement.

Alanon est le pendant des AA. Les réunions ont souvent lieu dans des sous-sols d’églises et, dans mon imaginaire, ce n’était qu’un amalgame d’histoires tristes racontées par des gens qui s’apitoyaient sur leur sort.

Surprise ! à ma première réunion, j’ai constaté une formule structurée, des gens inspirants qui nourrissaient leur partie lumineuse et une relation positive avec la personne en détresse, en dissociant la « maladie de l’alcoolisme » de la personne qui en était affectée.

Cette vision change tout : Elle libère l’entourage de la responsabilité, elle amène une énergie nouvelle de compassion, mais aussi une capacité d’agir pour soi. Dorénavant, tu n’es plus la victime, l’autre n’est donc plus le bourreau. Ma famille, éclatée jusqu’alors, s’est ressoudée, même si les problèmes de dépendance perduraient ; Kim n’était plus le bourreau.

Petit à petit, j’ai modifié mon attitude face à ma fille ; essais, erreurs étant au menu.

Je donne immédiatement un exemple.

À 1hre du matin, Kim me téléphone en panique avec des idées suicidaires. J’accours (comportement typique de la co-dépendante que je suis) ! Arrivée sur place, je réussis à la calmer ; je vois aussi qu’elle a pris des cachets probablement responsables de son état. Je mets ses médicaments dans mon sac, et je retourne chez moi…

Le lendemain, elle m’accable de reproches, d’autant plus que les médicaments sont prescrits par un médecin.

Auparavant, j’aurais tenté de lui faire comprendre que j’avais agi pour son bien.

Mais après mon passage à Alanon, j’ai promis de lui remettre tous ses médicaments en ajoutant que j’étais co-dépendante et que je la contrôlais pour gérer mes propres peurs. « Tu as des rechutes, ai-je dit, moi aussi ! » . Elle s’est mise à rire.

Mon histoire est triste … un peu. Alanon n’est pas magique, mais installe une fluidité, un respect, un travail d’équipe avec toutes ses difficultés. Je m’accrochais au slogan : « Le progrès non la perfection ».

Au début de mon aventure, je n’allais chercher que des mots, des phrases. Ce sont d’abord les slogans qui m’ont aidée : « un jour à la fois », « est-ce si important », « l’essentiel d’abord » furent mes premières bouffées d’oxygène.

Les trois C d’Alanon : « tu n’es pas la Cause, tu ne peux pas Contrôler et tu n’as pas la Cure », sont des mots venus se poser sur mes épaules pour les libérer du poids de la culpabilité et de la responsabilité.

Cela dit, j’ai aussi appris le rôle que je jouais dans la perpétuation de la problématique en palliant les conséquences des gestes irresponsables et en RÉAGISSANT à mes peurs associées aux comportements destructeurs.

Le concept Alanon de « détachement avec amour » m’a guidée afin de garder la bonne distance.

Le programme est spirituel et basé sur les douze étapes des AA. Cet aspect me rebutait et en rebute plusieurs. Je ne m’y suis intéressée qu’après plusieurs mois. J’allais chercher autre chose : des paroles instructives et apaisantes, une documentation étayée, qui m’aidaient à garder le focus en cas de crise ou de pressions de l’entourage. Des pensées journalières, nourriture pour l’âme, que je lis quotidiennement.  

Je me sens aujourd’hui une meilleure personne. Alanon a aidé ma fille, m’a aidée à traverser une période trouble, mais aussi m’a permis de donner du sens aux difficultés rencontrées dans ma vie.

DÉCOUVRIR, ouvrir ses horizons, est l’une des astuces proposées par le Mouvement Santé mentale Québec qui, tel un battement d’ailes, peut modifier le cours d’une vie.

 

Marie-Colibri, membre Alanon

La symbolique de cet oiseau ultra-léger nous incite à se décharger d’un fardeau.

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